lundi 5 juin 2023

La tamponnée.

On allait à la saint Urbain
Faire des autos tampon
J’aimais pas ça mais en effet
Ça secouait bien le moral
On sait bien que le tamponneur
Nous invite à aller ailleurs
Mais j’avais toujours un chauffeur
Qui rentrait fort dans le moteur
Je prenais jamais le volant
Il m’aurait fallu des pédales
Plus souples et des coussins d’air
Alors ma bouche s’ouvrait grande
Et bloquait l’air avant le cri
Ensuite je sinusais sur la piste
La tête en feu les pieds en l’air
J’avais trop soif et les copains
M’emmenaient au bistrot du coin
On buvait de la limonade
Et je repartais à moto
La moto noire de Bernard
Que je tenais autour du torse
Il était content et gentil
On avait le même balcon
Dans la maison des pauvres
Il me disait que j’étais belle
Je l’ai revu avant sa mort
Ça c’est pas juste pour cet homme
Qui avait le cœur sur la main.

Marine 5 juin 23


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Le présent texte est protégé au titre des dispositions du Code français de la propriété intellectuelle, notamment de l'article L112-1 dudit Code. Toute violation des droits qui en découlent est susceptible de faire l'objet de poursuites.

Petit cortège

Près du curé en robe mauve
Une poupée chante des psaumes
On lui a mis un vieux manteau
Et les chaussettes du frérot
Elle connaît tout ça par cœur
Et en latin ne vous déplaise
De profundis six feet under
Elle s’enfonce dans la glaise
Son frère est porteur pour 5 francs
Il a treize ans et tombe dans la tombe
Le crucifix lui tombe aussi
Une famille mortifère
Les copains du mort rient
Jeantou a mis à sa ceinture
Une nana à poil et rose
Ça la fout mal dit la petite
Après le père range la jument
Au bistrot et va trinquer
On a mordu le gros orteil
Du mort il a pas bronché
On ira recouvrir son corps
La mère sert le vin rougeaud
De la figure des paysans
Elle a changé de tablier
Les petits sont rangés sur le banc
Moi j’aime bien les enterrements
Je chante au fond je fais la quête
On me regarde admiratif
Cette petiote elle est pas bête
Le curé me donne 8 francs
c’est éternel je suis contente
je m’achèterai un cahier
et un stylo bleu pour demain .
en rédaction elle raconte
tout le monde croit qu’elle rigole
alors elle se met à pleurer
et dit au prof : c’est vrai
je fais ça et les mariages, les baptêmes
j’ai des dragées, on me regarde
le vieux curé est bien content.
Je suis première en rédaction
Ils disent que c’est le mort
Qui m’envoie sa bénédiction
Moi je sais que c’est le bon Dieu !
De profundis six feet under
Je fais ma tombe avec les dents.

Marinette
2 juin 23


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mercredi 31 mai 2023

Veilhant

Une fois on est allées à Veilhant
Par le train rouge et jaune
On allait voir la mémé
Il neigeait dans les bois
7 km de la gare on avait froid
On donnait la main au papa
On était petits, la mémé avait des longs tabliers
Noirs et un chignon blanc
Sa maison c’est une chaumière
Il y avait Marius le tonton
J’avais froid dans le bois
C’est pas loin on arrive
On est entrés dans la maison
Il y avait du feu dans la cheminée
C’était la mère de mon père
Et Marius le demi frère
Je comprenais pas
Elle nous fit du café au lait de chèvre
Avec du beurre moi j’aime pas ça
J’étais petite la maman venait pas
J’ai mangé un peu ils parlaient patois
Mais je savais tout et je comprenais
J’avais froid il y avait de la neige
Tout était vieux et sombre
On devait repartir le soir
Mais on a pris le car pour la gare
Y avait la janette jojo et moi
J’étais toujours malade en voiture
Mais là ça va, la micheline est arrivée
Il y avait que nous ou presque
On est rentrés à la maison
Et la maman faisait la tête
Et posait des questions un bébé dans les bras
Moi j’avais rien à dire
J’aime pas les voyages
Les maisons des autres
J’ai rien vu rien dit
Je suis allée au lit en bas
Avec mon cartable
Demain on a école
Je me sens mieux
Je n’ai plus froid .

Marinette 29 mai 2023


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Elle s’enclaustra

C’était la mode en ce temps-là
Et tout le monde s’enclaustrait
Moi je voulais plus voir personne
Alors j’enclaustrai le balcon
Et je plantai des fleurs dessus
Des fleurs en plastique bien sûr
C’était joli moi je m’en fous
J’ai mon petit jardin sur place
Je vois plus les voisins
Mais ça fait rien
Au contraire
Ils ne demandent rien
Tu vas bien
Kestufé ?
Jeférien !
Non mais va te promener
Laisse-moi j’aime personne
Vous êtes tous trop personnels
Moi j’aime ceux qui se dénotent
Du normal existessentiel
Et vous la bagnole le maquillage outré
De madame la vieille elles sont toutes blandes
Quelle horreur et les ongles rouges pointus
Comment font-elles le chiffon et le reste
Et les mecs les attendent au bistrot
Elle a acheté une robe de mille euros
Et pour moi une fois elle avait acheté un péta
A cinq euros sur le marché à un noir
Je l’ai lavée c’était un serpillou
Tu es vraiment une sale bête
Quatre noix elle m’a donné
De son grand sac et elle a bouffé les chouquettes
De moi les crevettes pour moi
Que j’ai payées pauvre chèvre
Le bon dieu te le rendra
Voilà l’autre elle a vu des tulipes à deux euros
Mais elle a pas voulu me les porter
Alors tais-toi femme de peu de foi
Je te donne tous mes habits mais toi
Ne viens plus ici tu me fais frire
Et tu attends le prince mais il ne viendra pas
Il est chez moi il n’aime pas les poêles à fuir
Il m’apporte du chocolat
Tu veux un homme à ton âge alors tu le cherches partout
Mais un homme ne se vend pas
Si tu lui avais plu il l’aurait su avant
Non tu n’auras pas d’enfant
Tu préfères compter les sous
Regarder ton terrain et ta baraque en béton fermés comme toi sans
fleurs sans amour et sans joie
Non ne reviens pas c’est pas la peine
J’aime pas les vieilles fontaines
Sèches comme des matelas de billets
Bon écoute évite-moi je pourrais devenir méchante
Non je n’ai pas besoin de toi
Laisse mes affaires pour les pauvres
Tu es trop moche dedans dehors
Tu es seule cela t’étonne ?
Moi je suis seule avec bonheur
Enfin je respire à mon heure
Je dors je bois de l’eau de vie
Je sais ce qui vaut son prix
Et je paie gratuitement.

Marine 29 mai 23


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L’orchis

Je voudrais une orchidée blanche
De celles dont les racines
Puisent dans l’eau l’air et le vent
Et se nourrissent en musique
Quand je les touche de mon œil

De celles qui s’ouvrent seules
Au petit signe de soleil
Et dont les racines dépassent
Vertes et blanches de partout
Celles qui crient si on les bouge

De celles qui sont solides
Comme un pauvre corps achevé
Mais se relèvent en cachette
Et font semblant de l’oublier

Je voudrais une orchidée blanche
Qui revivrait sur mon tombeau
De celles dont la tête penche
Comme mère sur un berceau.

Marine
4 mai 2013


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Désarçonnée

Et le cheval pleurait
Sous le bât de la honte
Le cri derrière la langue
J’écris mortelle extase
Sous un têteau de saules
Dans le refuge de l’absence
J’écris sur le banc d’âtre
De ma désaventure
Et l’eau-fortier me grave
Le sourire qui tient
Ma bouche close
Je suis une aparlante.

Marine
16 janvier 2013


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Blessure

Tendrement j’écris à la hache
Un panier de silences d’osier
En clairière de pauvreté
Avec mon râteau d’encre
Je pince les cordes de l’âme
Contre une muraille d’air frais
Fardé de l’invisible absence
Dieu fait une dépression obscure
Dans la résidence de l’âme
De sa blessure
Coule
Du silence.
Et ce silence blanc
Parfumé de jasmin
Ecarte encor les autres
Ceux dont la vie est faite
De sonnantes espèces
De cabriolets rouges
Avec des femmes blondes
Et des chiens lévriers
Elles ont rasé leurs soucis
Et mis des eyelashes longs comme tentacules
Et secouant la mèche de côté
Elles brûlent de plaire au plus beau de la terre
Celui qui n’aime que les hommes
Pour leur infinie ressemblance
Leur tendresse
L’horreur de ces gonzesses
Qui croient tenir le monde en laisse
En portant sur leurs fesses des jeans
De basse classe
Alors marchant sur leur trottoir
Et balançant leur sac imité de chez Dior
Elles rient bien fort et grassement
Comme leur rouge dégoulinant
Au bout des griffes de tigresse
le rouge sale et suant
qui éclate de rire devant un pauvre hère
à qui elles jouent les fières
en montrant leur culotte
achetée à bas prix contre une pichenette
du marlou de la rue
pauvres filles sans intérêt que leur derrière
remue fort
confondant les neurones avec leur soutien-gorge
où palpite sous le café
des émois d’étrange sordidité
lus dans les magazines féminins
une fois rentrées chez la mère en mâchant leur chewing-gum
qui fait des bulles elles se jettent sur la paillasse
où les rêves de principasse
coulent tout noirs sur leur poitrine
non j’ai pas faim moi
je vis en profondeur
dans la mer des sarcasmes
il m’a dit je t’aime et on a fait l’amour
dans les wc du parc
j’avais enlevé mes talons
c’était vraiment géant tu vois
il a des doigts de camionneur
demain il sera là tu sais derrière le sapin
avec du coca et un joint
je dis rien à ma mère
je lui pique son fric
elle fait des ménages
à la clinique du bocage
mon père il s’est barré au bled
voir ses douze autres femmes
et ses trente six gamins
moi chuis la parisienne
je me la coule douce en attendant
d’avoir du flouze pour devenir
madame untel.

Marine 30 mai 23


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les envois de dieu suite

  Les envois de Dieu   https://www.cjoint.com/c/NDuiHdv1oi2 Oui heureusement je reçois des envois de mon Dieu A l’instant où je veux e...