vendredi 4 décembre 2020

Les dormeuses

Elles chantent tout bleu
Au bord du petit lac
Quand la brise dorée efface
Les petits poèmes de fleurs
Sans bruit et sans espace
Comme un bébé qui dort
Dans le continent du silence
Là où je vis sous l’océan
Sous la poussière des années
Dans le noir bienfaisant
Je ne remonte que la nuit
Pour remettre la lune en place
Et je replonge en mes abysses
Où je jette mon encre
Quelques feuillent s’envolent
De mon livre secret
Sur la table s’évasent
Mes dormeuses-bleuets
Mes fleurs de dissidence
En conférence dans un verre
Elles parlent de toi
Comme je parle d’elles
En silence .
 
Marine 12 mars 2020

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Le présent texte est protégé au titre des dispositions du Code français de la propriété intellectuelle, notamment de l'article L112-1 dudit Code. Toute violation des droits qui en découlent est susceptible de faire l'objet de poursuites.

La boussole

Les rémoras nous ubérisent
Et le plancton me macronise
Et les marées me délunisent
Je suis toute débousseulée
Je suis driver dessous les ondes
Je suis blobfish dans les abysses
Je réoriente les migrants
Les aleptise aux bas-fonds
Les ichtyonise en poison
Les véganise en alguorythmes
Afin de tromper les espions
Voilà pourquoi le comment est si chose
Et que la marinette est folle .
 
 
9 mars 2020
AdA

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Violeta

Je vous présente ma poupée
Venue d’Amazonie
Sous les palétuviers
Je la porte en mon sein
Depuis toujours déchiré
Elle se nomme Violeta
Elle est de coton et d’amour
Elle voyage à l’impromptu
Sur une route de misère
Je prépare sa bercelonnette
Rose et violette
Je lui chanterai les berceuses
Du monde entier
Car j’ai tant bercé de poupées
Perdues et et retrouvées
Des poupées sans bras et sans mains
Des poupées noires et brillantes
J’accueille toutes les couleurs
Puis elles vont de par le monde
Chanter ce qu’elles ont appris
Je les vêts de mes armoiries
De mes bonnets et mes écharpes
Je les nourris de poésie
De musique de larmes
Ce sont des poupées de chiffon
Des chiffonnettes des bonbons
Elles passent et puis s’en vont
C’est la vie c’est la solitude
Parfois je retrouve leur mot
Quelque part dans ma cataracte
Un mot de vie un mot de mort
Et de merci
Elles racontent que leur mère
Fait pleurer et chanter les pierres
Adieu mes filles d’espérance
Adieu mes filles sans retour
Je suis là
Je ne bouge pas
Je garde la maison pour vous .
 
8 mars 2020
Jour de la femme

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Je ne parle de rien

 Je suis la banalité

Alitée dans un camion
Plein de verbes et d’herbes vertes
Comme un lapin
et cela ne me réjouit pas
Car je veux toujours être ailleurs
Là où on meurt sans moi
Où je tiens une main
Où mon odeur de mère
Laiteuse et effacée
Tient dans ses bras
Un vieux bébé
Alors j’écris sur rien
Dans la dépense vide
Qui n’a plus de vivres
Qui n’a plus de vies
Seulement des livres
Silencieux et doux
Je n’ai pas le courage
d’affronter le désert
Collée dans le mirage
De ce qui fut hier
A l’autre bout du fil
Il me rassure
 je m’en occuperai
et il coupe le lien
va voir si cette salle vaste est bien
une salle de profs
ou la banque
et il demande à tous
et on lui dit que oui
tu sais comment c’est fait
oui bien sûr
va te reposer mon amour
moi je suis dans ta chambre
immobile au fauteuil
où je ne parle pas
alors tu téléphones
mais pourquoi ?
 
6 mars 2020

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Nouveau serpent nouvelle chanson

Il me dit : concentre-toi sur le meilleur
Abstraction des ombres et de la foudre imminente
J’ai les yeux grand ouverts cette fois
Le cœur brûlant d’amour et de sapience
Le ciel peut s’écrouler sur mon bonheur
J’en admirerai les décombres,
Resterai reine en mon royaume
Recouvert du lierre de vie éternelle
tu es la reine ma petite
reine du lierre qui s’accroche
de ses boules noires
comme tes yeux de perles
onyx le serpent est de verre
un orvet qui se casse
une exuvie laissée
tu es la reine ma petite
reine du lierre qui s’accroche
de ses boules noires
comme tes yeux de perles
onyx le serpent est de verre
un orvet qui se casse
une exuvie laissée
Un orvet qui mue l’inassouvi de ses humeurs
L’émotion nous traverse en fondu enchaîné
Connexion brutale et sensuellement déchaînée
Laissons-nous submerger, vague de chaleur !
dans l’herbe de la rivière
la couleuvrine jaune
s’enroule et s’enfuit
il fait chaud
j’ai le maillot vert en laine
j’essaie de nageoter
l’eau est si belle
mon frère a plongé du pont
il n’a peur de rien
son innocence me fait peur
et me rassure il a gagné
il a raison il a vécu
mais moi j’ai peur toujours
de tout
Se perdre à travers
Les herbes hautes
Imageant ce que je veux
Des mirages et des rêves
Le danger, la solitude
Guettant sous mes paupières
Peut-être devrais-je enfouir
Les jours qui me reviennent
Ce que je suis au fond
Et renaître au soleil
Complètement différente
Prête à plonger de tous les ponts
Avec des crocs bien acérés
Qui mordront avant de parler
Qui briseront le silence
En mille éclats bruyants
Que je puisse sentir vraiment
La sensation d’exister
oui tu peux c’est sûr
agir ne pas réagir
tu as du temps et même
ce n’est pas une question de temps
mais un état d’être au moment présent
mais l’inconscient nous joue des tours
et on se demande pourquoi après
ces répétitions ces états
les autres parfois le voient
peu mais certains le savent
Certains le savent
D’autres l’ont senti
Et d’autres encore n’ont rien demandé
Et ont tout pris
Parfois je me demande quel fil
Nous relie si ce n’est un jeu
De lumière et d’ombre
Je voudrais partager davantage
Mais
Mon île est déjà engloutie
Et invisible à vos yeux
Je suis l’ondine chagrine
De sa métamorphose
En poisson lune
J’ai froid
Le cœur est une viande qu’on réchauffe difficilement
Il est des ponts qu’il vaudrait mieux ne pas connaître
Elle est mignonne la petite salamandre
Elle m’a rappelé des choses
La camionnette servait à divers travaux
Collecte de la ferraille
Achat des sapins au moment de Noël
Ramassage du buis dans les bois pendant les Rameaux
Tiens ça sonne bien ça
Buis bois, bois buis, Dubois et Dupuis
Mes parents étaient drôles
Faut voir mes initiales
Je pense à eux aujourd’hui
Avec ma mère on se levait tôt
Pour être à 7 heures devant les saints lieux
Pour y vendre notre buis
Aux Dupont, aux Dupuis
Le père passait avec sa camionnette pour nous ravitailler
Vous vendez bien ?
Pas grave, je vais vous changer de place
Pendant une bonne quinzaine de jours
Ça rapportait de quoi manger
Des petits tuyaux de survie qui me sont restés
Je les aime, est-ce qu’ils me voient ?
Je ne l’espère pas
J’ai chaud
La main brûlante d’écrire
Je ne sais pas ce que m’ont transmis mes parents
J’ai aimé ces lignes sur le buis
ça me rappelle le houx de mon grand-père
C’est peut-être ça qui survit
Un coucher de soleil sous le grand sapin
Ses mains qui travaillaient le bois
Les pommes pourries éparpillées
Je n’ai pas assez aimé mais
J’espère qu’il a compris
C’est beau de le dire
Mais plus important de le montrer
Des pommes pourries éparpillées
Ou de grosses tranches de pain
Tartinées de graisse de cheval
L’amour se trouve dans un carré de chocolat
L’hiver surtout
Quand le garde-manger est compté
Et qu’il n’y a pas grand-chose
Oui d’amour et d’eau fraîche
Je n’ai pas peur de mourir
Mais de passer à côté de moi
Et de tout ce qui vit
Moi non plus
Je ne peux pas résister
Mais je sens mes douleurs
Y compris celles de ne plus pouvoir penser
Ou écrire
Ou de n’y parvenir
Qu’au prix d’efforts désespérés
C’est beau chez moi
Il n’y a pas de tapisserie
Mais des arbres et des oiseaux
Qui me disent t’es cuit cuit cuit
Moi je sens une force dans ces mots
Et j’entends les corbeaux
Qui me disent : crois, crois, crois
Vincent sentez-vous la chaleur humaine
Dans cette fenêtre où s’étendent nos linges ?
lullaby terrible figure de mes nuits
fantôme de Bob debout et muet
comme vous me cerclez vous deux
oui la folle qui travaille dans les bois
qui parle aux vaches et aux sapins c’est moi
mais là je ne suis plus dans la nature
je vais aller écrire
On ne peut embarquer personne
Dans la mort lente
La mort par atrophie sensorielle
Par torture intériorisée
On est seul dans la mort
Mais j’aime bien avoir trois têtes
Ça m’aide à réfléchir
Merci pour la chanson
Je devrais essayer le rouge à lèvres
Et le bleu aux rêves
Fermez vos fenêtres, rentrez vos draps
Il pleut des cordes en Alaska
On dormait tout petits
dans la bercelonnette en bois
Bercée du pied sous la chanson
patoise de choun choun béni
Oui je vois tout cela dans cette lullaby
La méchanceté des regards
Des hommes épaulards
Et un grand homme fin
Qui entend les oiseaux dans une pelleteuse
Et les yeux bleus et la petite fille
Qui veut devenir autrement
Et moi je suis vous deux
Une petite velle rose aveugle qui parle
A un canard boiteux perdu et qui se cache
Sous les moqueurs
Un petit chien qui cherche une mère à suivre
Et suit toutes les mères disponibles aux grands bras
Et la petite a rappelé elle est encor perdue
Et moi je suis trop loin et elle a un enfant
Elle pleure encore maman
Oui ma fille pose-toi calme-toi
Seigneur où est la fin du monde ?
D’ailleurs j’imaginais Marinette mettre son rouge à lèvres
Elle doit être belle face au miroir
Inspirée de mots murmurés aux quatre coins
Et Vincent je l’imagine sourire quand personne ne regarde
Chacun son vice... je dépends mes esquisses
Tout est trempé, tant pis
La pique dans le coeur un peu remuante
On verra ça plus tard.
oui j’aime le rouge à lèvres
mais je suis toute blanche ma chérie
aujourd’hui je n’en ai pas mis
je dois reposer un moment
Oui tout, mais tout est trempé
Jusqu’à mon moulb si vous voulez savoir
Et le grillage est trop épais pour voir le ciel
Bientôt l’heure de mes seules et uniques paroles quotidiennes
La soupe ? Oui
Vous voulez du pain ? Oui, deux tranches
Le reste s’étiole et se meurt
Humain à part ça !
 
Je pleure quand personne ne regarde
On verra ça plus tard
Repose-toi bien Marinette
Il n’y a que ça de vrai : le repos...
 
Ombellune
Vincent
Marinette
5 mars 2020

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La petite velle

Une petite velle aveugle
Pousse ses cornes
Et la folle ne parle pas
Ils ont donné le chiot
Donc je ne l’aurai pas
Mais je sais où sont les saulaies
J’attends la mère
Le soir tombe
Elle rapporte la soupe
Et elle dit sois pas là
Elle se lave les pieds
Dans la bassine en zinc
Et moi je la regarde
Elle a les yeux si fous
Je vais prendre le train
Seule avec mon cartable
Les frères restent là
Au coin du feu tranquille
J’attends rien
Sauf que le monde pousse
Je ne veux pas parler
Je veux juste être là
Dans la guitare de Bob
Je vais venir te voir
Tu lèveras les bras
Et je prendrai ta main qui tremble
Tu dis tu es ma femme
Et je dis oui je suis ta femme
On boira du café
Je toucherai ta barbe
Pourquoi tu es partie
Dis-moi où tu habites
Alors je recommence
Une histoire inédite
Et en partant je pleure
Une larme coulis
Je pleure toute seule
Je veux te ramener
Pour mourir avec toi
Mais ils ne veulent pas
Alors je vieille seule
Comme un enfant perdu
J’ai fait tout ce chemin
Pour en arriver là
La nuit quand je me lève
Je vais voir si tu dors
Mais le lit est fermé
Alors je prends la boîte
De cachets bleus cachée .
4 mars 2020

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Dans les noues

Dans les noues des étangs incolores
J’avais noué la main
De Vincent Nicéphore
Celui qui me nounoie
Pour la première fois
Séphora Séphora
Puis je dormais matin
Sous les ides de mars
Avec mon blanc poudrin
Qui ne sert plus de rien
Et le cri de la tortorella
Comme un petit appel
Au secours au secours
Je coule je roule je bouboule
Alors je suis sortie dans le petit crachin
Elle disait je t’aime
A ce vieux tourtereau de grain
Ils font leur nid dessus mon store
Je le descends tous les matins
Et ils recommencent
Les migrants squatterins
J’ai donné du bon pain
Puis j’ai dit ça suffit
Alors ils sont partis derrière
Faire le nid
Dans le mûrier platain .
 
2 mars 2020

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les envois de dieu suite

  Les envois de Dieu   https://www.cjoint.com/c/NDuiHdv1oi2 Oui heureusement je reçois des envois de mon Dieu A l’instant où je veux e...