mardi 27 février 2024

osmose

 

 

 

 Osmose

 Elle a ermité en impasse

Dans le silence tendre

Des chants d’oiseaux

Elle a mis un désert

En vitrine

Et un tonneau

De thé

Elle a le geste doux

Et la main apaisante

 Des femmes d’Amazone

Psalmodient leur berceuse

 La couleur fait son œuvre

Et le ciseau magique

Accompagne le Verbe

Le vrai

 C’est un nid

Un refuge

Un retour

 Tout est là

Main-tenant.

  2 octobre 2008

lundi 26 février 2024

la petite livreuse

 

La petite livreuse.

 

Elle avait des ongles de 1 km

Bleu marine pour le jambon

Et un chignon blond sur la nuque

Les dents en avant

Le chef était absent

Elles oublièrent l’essentiel

La cheffe était malade

Moi j’avais un peu faim

Toujours le même truc

Et je range et je parle

Et je veux partir

Toujours pressée

Le jambon était rose

Et les ongles étaient bleus

Et moi blessée

Elle avait quelque chose d’animal

De griffu  de dentu

Un petit suricate dans un blouson velu

Non ?

Marine 26 2 24

catafalque

 

Catafalque

 

Le long du mur du cimetière

Sous un soleil qui plombe

Elle marche doucement

Elle va au catafalque

La pyramide noire

Qui se dresse au milieu

Des jardins de jadis

Où elle vit trop tôt

La vie des morts

Dans l’ombre

Dans la peur

Dans l’ignorance

Elle est venue parler

Aux os

Les petits pieds meurtris

Dans des sandales ouvertes

Celle du fond du préau

L’enfant de choeur

Au mariage blanc

Elle revient

Lourde de ses bagages

Vous parler .

 

9 juillet 19

fatal été

 

Fatal été

 

- Sonnet d'été pour M.L-

 

Marine, ah ! Marine !… une catastrophe :

Cette clé qui devait, pleine de tes écrits,

M’assurer la lecture et l’heur de tous tes cris,

N’est qu’un étui vide ! Et rien - nulle strophe,

 

Pas un vers! pas un mot, le néant ! Moi – Christophe -

J’en hurle à la mort ! Mais toi, ne souris

Pas ! Rends-moi l’espoir qu’ainsi tu m’as pris,

Comme aux gens bleus de froid la pauvre et simple étoffe…

 

Je croyais tenir quelque pomme d’or,

Je vois, loin, là-bas, avec messidor,

Disparaître les crins sacrés, où tu t’agrippes,

 

De Pégase, avec ta muse à cheval,

Amazone à cru sur le bord du Val.

- l’Hespéride, en fuyant, m’arrache un peu les tripes…

salus

état d'août

 

Etat d’août

 En tant que femme diluvienne

Aux angelots protectorant

Je papote à vaille qu’advienne

Contre le pourrissement

 Je caresse les papillons

Qui sur les rosiers de fragrance

Déposent leurs émulsions

 Retrouvailles de ventre-retrou

Endolori dans l’émotion

Je suis dans un autre monde

Le monde des papillons.

 Marine

9 août 2014

féminitudes

 

Féminitudes ( impressions)

 

Mon cadavre est doux comme un gant »

« je savais bien pourtant que j’étais conviée »

 «  Et qui donc a jamais guéri de son enfance «  (Lucie Delarue- Mardrus )

 Chaque jour je ressens autre chose et cela poigne au ventre, quand je lis Féminitudes , je n’avais rien vu  ou je vois plus ou différent. Il y a toujours un vers qui révèle ou qui cache, un truc du plus profond qui fait la grandeur du poème.

Ne pas trop expliquer, ne pas dire, taire, et tout se voit, se devine, les mots ne sont pas anodins, ce sont des cris, des appels, des confessions, si peu entendus, si peu lus.

On ouvre la page et soudain le poing est là qui frappe au creux du ventre :

 « hasardeuse. Que dites-vous femmes douloureuses, femmes poétiques et dures, cachées dans les plis de vos peurs ? Que dites-vous à ceux qui vous ont tuées ? Où sont vos rêves ?

Les feuilles du calendrier se sont envolées et nous marchons dessus, lourdes de nos années, nos espérances, nos cris non entendus, nos désillusions.

Poèmes rassemblés par un homme en 1990, Alain Auriat, glanés dans les meules de foin de l’écriture. Qu’est-ce qui l’a touché ? seulement la beauté ? je ne crois pas. Qu’a-t-il vu de nous toutes, que cache-t-il dans sa préface obscure, pudique ? poésie d’amour dit-il et cruauté.

Ces poèmes sont terribles, plutôt que beaux de leur puissance, peu de femmes et peu d’hommes les liront et les ressentiront. Ce sont des morceaux d’âmes, déchiquetés, jetés au vent, ce sont nos corps, nos cœurs et nos entrailles et si passe une rose ou une pivoine dans un vase de porcelaine, c’est juste une petite concession à l’apparence, une piètre consolation sur le marbre dur de nos vies.

 

  Marine Laurent et AA

   Dimanche 25 décembre 2005

   Samedi 24 janvier 2009.

 Il s’agit d’un recueil de poésies féminines que nous avions composé

Qui n’ a jamais été édité, dont le titre a été repris par R.Desforges

Sabine Sicaud et d’autres dont j’ai publié quelques textes dans mes précédentes apparitions fantomatiques sur ce site.

l'ouette d'Egypte

 

L’ouette d’Egypte

 

Tu lui as serré l’aile

Une plume est restée

Au revers de ta veste

Là où tu cherches

En te retournant

Si tu es bien toi-même

Alors que tourne la terre

Que la lune est si belle

Et les eaux te foudroient

 

Au clocher des abeilles

Tintent les alphabets

Inconnus et sonores

Qui viennent d’un ailleurs

Que tu ne connus pas

Et le cri des clairières

Au passage de l’ouette

 

Tu dis je ne peux pas

Et tu fermes la porte

Aux volets de tes yeux

Car blanche est la lumière

Et le cœur est tout bleu

 

Où étais-tu hier ?

 

Marine

12 mai 2017

15h

les envois de dieu suite

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