La petite fleur bleue sur le bord du chemin
C’est une véronique ou une fleur de lin
Je ne sais plus je ne sais rien
J’arrache une poignée de stellaires
Et un têteau de cerisier du Japon
Rouge replié comme les doigts du bébé
Je rentre à la maison sous mon chapeau framboise
Non je ne prends pas de papier madame
Pour aller jusqu’à mon figuier
Sur la table de la cuisine dans ce verre bleu ciselé
Comme échappé de Murano
Je mets tout ça dans un peu d’eau
C’est beau c’est de l’enfance
Un petit bouquet de fillette
Pour une maman qui les jette
Et je fais des photos
Pour retenir le temps de faner
De m’affaler
J’ai rencontré dans le bruit de sa brouette
Henri l’homme gentil qui dit bonjour et qui s’arrête
Oui je sais Marinette comment allez-vous
Il sait tout faire et sans cesse
Il cuisine et jardine et aide les voisins
Sa femme est bien malade
Oui je sais Henri je vous admire
Au revoir Henri je suis contente de vous voir
Et cette chose qui nous blesse
Rentrez je vous en prie .
Marine ce 3 d’avril 2020
Sous un soleil qui a pâli
Comme la vie intérimaire
Tombée sur un asphalte gris .
samedi 9 janvier 2021
Un verre bleu
Coup de grisou
Nous étions descendus dans la mine
De la désespérance
Les wagonnets ne charriaient plus
Que des idées
Nous faisions tant d’électricité
Que la galerie des amours perdues
Eclata
Une lueur au bout du souterrain
Et sur les rails
Des miettes d’espoir de rires et de soleils
Debout les pieds dans les gravats
Et l’éclat de nos yeux illuminant le monde
La lampe sur nos fronts de mineurs d’eaux profondes
N’a plus d’utilité
Et le silence bleu
A pour nous
Des sens avides d’ombres
Et des clartés divines
Les souterrains séjours des consciences
Déboulent au grand jour
Ta main balance
Et la mienne toujours
A peur
Ton cœur
Remue la terre-profondeur
Je chante
Un écho très lointain
Une rivière sourde
Des arbres de papier
Des feuille
Je dors
Tu dors
Je vis
Tu vis.
84
Mon silencieux
Mon silencieux
Mon taiseux
Celui qui dit je t’aime
Avec les yeux
En prenant des détours
Par des sentiers d’amour
Des écrits torturés
Ficelés alambiqués
Celui qui rit d’être empêché
Qui ne sait plus où il est né
Celui que je hèle
Mutiquement
Qui cache sa détresse
Derrière le temps
Qui sous-entend
Sans taire
Comment vas-tu
Je ne vais pas
Je reste
Je t’attends
L’oiseau de grâce
Se posa sur ta main.
Marine
20 mai 2011
Epidémie
Je vois des gens passer
Sans famille et en pleurs
Où vont-ils donc
Dans leurs pensées
La fleur de mort
A embaumé la foule
Qui marche à contre-houle
A contre-contagion
Un virus inconnu aurait-il
Confiné les consciences
Dans leur seule torpeur ?
Marine
2 avril 2020
James
Et votre seul argument est la menace. Vous faites gerber.
voilà mon texte :
Le ciel est gris
Le temps n’appartient plus au printemps
Aucune influence ne m’agrippe
Le nez bouché au violon du cœur l’ouïe n’est pas morte
L’amour est cette odeur qui me perce les tympans
Son écorce est ce visible de l’invisible
Ces derniers messages en particules fines
M’envahissent le corps et je commence à écrire
Je me répète le ciel est gris
Mais confiné peu m’importe si le soleil frappe les tuiles
Le ciel est avec moi
Je me suis taillé la barbe
La dernière fois remonte à quinze jours
Je voulais conserver cette fameuse odeur de l’aventure occitane le plus longtemps possible
Tu lis regarde écoute le trois en un pour plonger et ne pas revenir indemne
Es-tu toujours là
C’est quoi le COVID-19 si tu compares ce qui est comparable
La pandémie grippale de 1918 s’élève plus haut que la Tour Eiffel
Au moins 20 millions d’âmes disparues
Sans compter celles qui sont tombées pendant quatre ans plus tôt sur des champs sans fleurs ni projets
Dans la poussière ou la boue
Pourquoi
Quel projet
Celui de mourir pour la France
À titre gratuit
Bien plus tard nos pères se torcheront avec tes emprunts Russes
À la prochaine diarrhée mondiale
Et pour ceux qui mangeaient du Banania
Ils attendront de broyer du vers avant de blanchir au soleil
« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouches. Ma voix la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir...»²
Toi oui toi qui te confines face à Netflix
Tu n’as pas été exfolié par un Terminator ancienne génération
Ceux dont la peau ne se régénère pas
Lorsqu’ils se prennent une cartouche en pleine gueule
Une cartouche d’encre de sang humain
Alors ferme là et ne sors pas
Tu peux te masturber si tu es seul tu as la bénédiction du sein patron
Je referme ma gueule comme vous je suis confiné
J’ai ce don de m’emporter sans cracher plus loin même par le temps qui ne court plus
C’est une valeur qui rassure
La vie est ce fil rouge qui réunit l’impossible et le possible
Un réveil conscient pour ne pas perdre conscience
Et lorsque je rêverai à la prochaine pleine lune
Tu me parleras de toi
J’écoute Max Richter « Sleep »
Parler en dormant pour ne rien dire c’est politiquement propre
Je vais parler
Il y a plus de tendresse de compassion et d’amour dans les yeux d’un bourreau que dans les yeux amers d’un « confineur professionnel » en cravate violette sur chemise bleue arc-en-ciel sous un complet trois pièces paradant sur un tapis volant dans ses toiles d’araignées décrépites confessionnelles
Alléluia
Reprends ton souffle
C’est ce qui m’inspire
Étrange n’est-ce pas
Nous sommes en guerre
Il n’est pas facile pour un homme de se vaincre
Alors comment convaincre
J’ai écouté tous les sons de la terre encore vivants en écrivant ce texte
Et j’ai écrit quelque chose dont je suis vraiment fier
Les larmes étaient dans mes yeux
Je viens de réaliser à quel point la poésie et la musique me sont indispensables et belles
Comme toi mon antipode amour
Le temps le temps sans amour c’est quoi
Un emballage doux vide et tout explose
On vit tellement de temps mort que lorsqu’il vit on en oublie parfois la saveur de son air
Et si j’écris c’est pour ne pas l’oublier
La musique me berce
Et je respire encore
Je respire ton corps
mars 2020
L’art d’aimer
la porte tombera cloutée de poings virgules
il sera là Ovide assis sur ses pantoufles
récitant l’art d’aimer à un ordinateur
au fond dans un vieux lit perclus de rhumatismes
le vieil Hugo blanchi veillant à son chevet
enroulé dans le suaire des voiles arachnées
le Grand Maître sécant
figé collé dans sa salivaction
encalminé dans son entéléchie
écrasé par la pierre de sa philosophie
gît
la chambre est éclairée par une perle huîtreuse
énorme et veloutée juponnée de vouloir
pendue au fil de vierge
au-dessus d’elle on voit
des lettres racornies l’alphabet du destin
coincé dans le plancher transi de l’amourette
dans l’igue monstrueuse
dans le stalag mythique
un homard centenaire
rame indiciblement
au bord du lavabo
les oeillets délétères
tendus vers la lumière
ont la couleur grisard
des plantes enchâssées
j’arriverai alors sur mes ailes nouvelles
les yeux ouverts enfin et la main douce acide
j’écarterai les toiles
pousserai soupirail
et soufflerai poussière
et du fond d’escalier
montant en houle immense
on entendra rugir
le torrent personnel du désir.
https://www.cjoint.com/c/IJgfk2pSpRQ
Message James Px. Aujourd’hui à 17:14
Lard ce n’est pas que du cochon
comme ta poésie n’est pas un torchon
mais une montagne immense d’émaux
un fleuve où chaque ruisseau qui l’alimente
réunit l’essentiel de la vie
une forêt de songe
aux interrogations indéfinissables
hormis par les pères
un océan où les sirènes retentissent
dans les limbes de tes souvenirs
pour éveiller l’intime de ton voisin
Méridienne
Et méridienne d’or
Volet-baiser
Méridienne d’amour
Méridienne d’enfant
Dormant dans la petite cuillère
Du ventre de sa mère
Méridienne solitude
Oublier les couleurs du jour
Avec réveil impossible
Méridienne d’hiver
Blottie sous l’édredon
Fantôme d’un ami
Rôdant dans la maison
Méridienne dehors
Poème du ruisseau
Avec chapeaux vélos
Méridienne de rêve
Sur balancelle de fils de vierge
Bébé sous moustiquaire
Odeur de biberon
Ronronnement d’un chat
Et la mouche qui veille
Méridienne de secours
Pour affamés du sommeil
Noctambules patents
Sommeil privilégié
Où il ne fait pas noir
Où la nuit est moins longue
Et passe avant le soir
Méridienne sur bergère
Conversation sur méridienne
Arrêter la journée
La reprendre plus tard
Minuscules journées
Qui divisent le temps
Plus de cadran scolaire
La méridienne à deux
Hors du temps hors du lieu
Maison au lit froissé
Où vivre c’est dormir
Où vivre c’est aimer
Et lire à deux
Et le sol est au ciel
Et l’oiseau chante bleu
Doucement au lever
L’enchantement est mort
La méridienne en août
Dans un fuseau orant
De largeur innocente
Qui arrête les montres
Décale les esprits
Puis aller réveiller les bois
Marcher sur ses ailes tombées
Et rentrer à la nuit
Quand le soleil est mort
Et l’illusion passée
Méridienne voyage
Pont entre deux levers
Mer d’étoiles
Entre deux couchers
Méridienne
Méridienne
Je dors.
Marine 84
les envois de dieu suite
Les envois de Dieu https://www.cjoint.com/c/NDuiHdv1oi2 Oui heureusement je reçois des envois de mon Dieu A l’instant où je veux e...